La mauvaise alimentation, principal facteur de risque de mort prématurée dans le monde

Un important rapport publié par un comité d’experts du Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition montre que les maladies liées à une mauvaise alimentation font perdre plus d’années de vie et d’années en bonne santé que celles causées par le tabagisme, l’alcool et les drogues et les rapports sexuels non protégés.

Cette situation est due au fait que le monde fait présentement face à une crise nutritionnelle d’une ampleur sans précédent, avec pas moins de 3 milliards de personnes vivant dans l’ensemble des 193 pays du monde qui ont une alimentation de mauvaise qualité. Historiquement, cette malnutrition était surtout causée par une insuffisance en calories, vitamines et minéraux qui entrainait des retards de croissance ou de graves déficiences nutritionnelles. Plus récemment, par contre, la globalisation des échanges commerciaux a permis la diffusion à l’échelle de la planète de produits industriels hypertransformés, riches en gras saturés et en sucres ajoutés qui favorisent l’excès de poids.  Il existe donc à l’heure actuelle deux formes de malnutrition, une de carence et une autre d’excès, et les auteurs estiment que si rien n’est fait, la situation va considérablement s’aggraver au cours des 20 prochaines années en raison de la croissance démographique, les changements climatiques et l’urbanisation croissante.  Par exemple, les experts estiment qu’en 2030 la Terre comptera 3,3 milliards de personnes en surpoids et 653 millions qui sont nourries insuffisamment, un déséquilibre qui illustre à quel point les systèmes actuels de production de nourriture sont inadéquats pour nourrir convenablement la population de la planète.

Pour éviter que la situation ne se détériore et entraine d’importantes répercussions négatives sur la santé de la population et la dégradation de l’environnement, les experts suggèrent une série de mesures qui pourraient permettre aux gouvernements de s’attaquer de front au problème.  Parmi celles-ci :

  • Prioriser l’amélioration de l’alimentation des femmes. En raison de leurs besoins nutritionnels plus élevés (grossesse) et de leur marginalisation dans certaines cultures, les femmes sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes d’une mauvaise alimentation.
  • Développer des politiques destinées à réglementer la composition, l’étiquetage, le marketing et la taxation des produits alimentaires pour inciter l’industrie à offrir des aliments de bonne qualité et mieux informer le consommateur.
  • Utiliser le pouvoir d’achat du secteur public pour améliorer l’accès à des aliments de qualité. La nourriture servie dans les écoles, hôpitaux, forces armées ou en prison devrait être de la meilleure qualité nutritionnelle possible.
  • Améliorer la disponibilité et l’accès abordable ainsi que la sécurité d’aliments sains comme les fruits, légumes, légumineuses, noix et graines.

 

Source : Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition. 2016. Food systems and diets: Facing the challenges of the 21st century. London, UK.